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mercredi 22 avril 2015

Slogans pour la terre 2015

Des idées pour notre planète
comme des graines qu'on laisse pousser
et qui tôt ou tard, germeront.
Elles germeront
parce qu'on a besoin d'idées pour avancer
parce qu'ainsi va la Nature.

Le jour de la terre m'inspire. Des idées, que je développe, et des slogans que je publie. Dans des phrases courtes, j'essaie de remettre en perspective des concepts simples et connus de tous. Avec humour ou avec sérieux, je recompose un vocabulaire facile à utiliser pour penser notre Terre en ce 22 avril 2015.

Humm... Penser la Terre, vaste projet! Futile s'il n'aboutit pas à éveiller quelque chose chez le lecteur ou si, un jour, quelque part, il ne contribue pas à changer le cours des évènements. Or je suis convaincu que l'exercice n'est pas vain, tout comme je suis convaincu que chaque goutte dans l'océan, chaque feuille sur un arbre, chaque aile de papillon dans l'air et chaque individu dans la société compte.

Voici le Jour de la Terre 2015, réhydraté dans des slogans à partager jusqu'à la prochaine révolution de notre planète.


- Fahrenheit 451 : Le réchauffement climatique pourrait faire froid dans le dos

- Arts visuels : Le sur-emballage ou le retour du cubisme

- Smog : 50 nuances de gris

- Zen : L'optimisme est une ressource non périssable

- Marathon vert : Courir 42 km sans croiser un seul déchet sur sa route

- Cocktail énergétique : Quand l'Arctique aura la taille d'un glaçon, on boira de l'eau lourde*

- Terre : Le monde qui nous existe

- Poisson d'avril : Poisson qui croit encore que les algues sont en plastique

- Über : Sur terre, on est tous dans le même taxi

- Exrta-terrestre : Le jour de la terre, soyez extraordinairement terrestre

- Engagement : Prendre position, c'est pas juste déplacer son avatar dans un jeu

- Explosif : Si des tonnes de déversements n'enflamment pas les esprits, nous sommes menacés d'extinction

- Informatique : Le 22 avril, faites une sauvegarde

- Stephen Harper : Attention, matière dangereuse! Ne pas recycler

- Lobby industriel : Opinion fragile, (se faire) manipuler avec précaution

- Austérité : Sur une planète fertile, nous avons fait pousser une sécheresse intellectuelle

- Énergie solaire : Faites bronzer votre maison

- Proverbe terrien : Là ou tombent les arbres poussent les cercueils

- Recto-verso : Changez le monde avant qu'il ne vous change

- Soins palliatifs : Injection massive de pétrole pour industrie en phase terminale

- Spock : Tendez l'oreille, un monde meilleur est en marche

- Boîte noire : Le bac de compostage, un truc simple pour éviter la catastrophe

- French Kiss : Le jour de la terre, téléchargez de l'oxygène


  * eau loure : eau utilisée dans des centrales nucléaires.


jeudi 2 avril 2015

Lettre téléportée vers le futur

  Le 23 décembre 2014, le journaliste Fabien Deglise a proposé à ses lecteurs, dans une chronique du journal Le Devoir, de lui soumettre des idées sur ce qu'ils souhaiteraient léguer à l'humanité du futur. Cet héritage culturel serait logé dans une capsule temporelle enfouie dans le sol à l'attention des hommes et des femmes de...2115.
  Motivé par cette proposition insolite lancée hors de tout calendrier symbolique et de toute commémoration particulière, j'ai proposé d'inclure dans cette capsule une lettre.
  Pas un disque dur chargé de souvenirs, pas un enregistrement, pas un livre ou un kit de survie. Non, juste une lettre. Une sorte de réflexion sociosophique téléportée (!) sur une façon particulière de voir la vie en 2015. Je suis convaincu qu'elle aurait sa place à côté de tous les objets dont la capsule temporelle ne manquerait pas d'être chargée.
  Sachant que la proposition du chroniqueur ne se matérialisera pas au delà du récit, j'incorpore maintenant cette lettre à mon blogue à destination des lecteurs d'aujourd'hui et de 2115. Qui sait, ce seront peut-être mes descendants qui tomberont dessus. Ou bien les vôtres, va savoir...

« Chers lecteurs anonymes,
 Votre appel a été entendu . Et après un siècle, notre voix, enfin, peut sortir de son écrin sépulcral. Encore étourdi par la terre et la roche qui l'ont recouvert, son écho de poussière métallique vient soudain de se propager jusqu'à vous.
  Hier, il y a 100 ans, à l'initiative du journal Le Devoir, nous avons exercé notre imagination. Nous avons transmis nos idées aux profondeurs de l'oubli pour qu’il vous les dévoile en retour.
 Vous voilà si proches de nos oreilles à présent, si curieux des révélations que nos tombes peuvent laisser entendre ou sous-entendre!
Le cycle infini des idées et de l’imaginaire s'anime toujours sur les traces de ce existe déjà :
- les réseaux virtuels ont d'abord germé dans les réseaux génétiques et généalogiques, mus par essais et erreurs, doutes et hasard;
- les prothèses osseuses et mémorielles sont nées des corps manqués ou insatisfaits. Vous le savez, nous le savions, mais nous ne cessons pas de chuchoter à nos futurs voisins que la quête de l'inconnu et de l'idéal passe aussi par l'oubli.
 La transmission amoureuse sous toute ses formes, des plus anciennes aux plus évoluées, permet toujours d'être soi-même et de surmonter les contradictions, et notre culture n’est pas devenue un vestige, pas davantage que notre socialisation : chaque image, chaque son, chaque mot sont compilés dans les profondeurs de la mémoire virtuelle, c’est a dire, maintenant, de votre mémoire consciente et inconsciente, palpable et intangible. De celles qu’on ne peut comprendre sans les sentiments, les émotions, les rires, les larmes qui les ont enfantées :
- voici nos guerres que nul discours ne peut éclairer seul;
- voici nos bouleversements sociaux que nul image ne peut suffire à exprimer.
 Votre héritage tient dans la main, dans le fil d’ADN, mais sa lecture est irrationnelle et illogique, son désordre est indescriptible et permanent tant que vous n’y mettez pas un peu de votre humanité. 
 Nos impressions sont les seules choses qu’il nous reste a vous donner au delà de la distorsion de l’Histoire et du poids de la Terre ensevelie. À peine quatre générations nous séparent, à peine quatre générations nous unissent.
 Tout a été écrit, mais tout reste à dire : les révolutions et les frontières ne sont que provisoires, les migrations sont permanentes. Et ne vous détrompez pas : nous savions que nous étions facile et difficile à vivre, que nous étions dans le droit chemin autant que dans l’erreur en persévérant dans des stratégies de court terme :
- 100 ans découpés en décennies de technologie efficaces et dévorantes en ressource et en espoirs;
- 100 ans de paix mutilés en cycles de négociations de guerres commerciales;
- 100 ans d’individualisme pliés dans les courbes démographiques et migratoires gigantesques;
- 7 milliards de réponses en quête de leur question fondamentale.
 Tout ce que vous lisez et voyez dans notre passé n’est peut-être finalement rien d’autre que notre vibrant et immortel espoir : celui de vous entendre transmettre, à votre tour, la voix qui transpercera les silences de tous les rêves devenus poussière. »

jeudi 19 mars 2015

Roche, papier, ciseaux - nouvelle version

Connaissez-vous le jeu Roche, papier, ciseaux?

Jeu simple qui se joue dans les cours de récréation, il amuse par sa facilité et sa spontanéité. Très ancien, il sert également de méthode efficace de tirage au sort. (Wikipédia en dresse un portrait détaillé.)

Deux joueurs face à face présentent simultanément une de leurs mains, laquelle reproduit par sa forme soit une roche - poing fermé - soit une feuille de papier - main à plat horizontalement, les doigts collés - soit enfin une paire de ciseaux - poing fermé, index et majeur tendus et écartés vers la main adverse. 
La roche l'emporte sur les ciseaux en l'émoussant;
La feuille l'emporte sur la pierre en l'enveloppant;
Les ciseaux l'emportent sur le papier en le coupant.

J'ai imaginé une déclinaison originale à ce jeu en donnant des signification aux trois éléments qui ne sont plus simplement des objets, mais deviennent des représentations de situations réelles, vécues par des gens ou par les joueurs eux-mêmes.

Sans aucun cynisme, je juxtapose 12 significations à chaque main du jeu original et propose 12 variantes du jeu pour composer, par analogie entre les mains et leur signification, des combinaisons qui deviennent des rapports de force vécus à peu près par tout le monde ici bas.

Je vois dans cette nouvelle version du jeu un bon moyen de rappeler que nos choix sont déterminants dans l'existence, tout autant que le hasard, dont l'influence est omniprésente; Un jeu comme une métaphore des jeux de pouvoir.

La force respective de la roche, du papier et des ciseaux, est respectée; toutefois, si les analogies et les combinaisons vous semblent moins évidentes, pourquoi ne pas imaginer que la main la plus forte soit celle du joueur qui saura convaincre l'autre de son raisonnement?

Quand la vie nous joue des tours...


Roche                                                            papier                                                                  ciseaux


Cancer                                                    diagnostique                                                                 bistouri

Intifada                                                   feuille de route                                              mur de séparation

Travail                                                       promotion                                                           licenciement

Sida                                                           préservatif                                                                      pape

Maison                                                      hypothèque                                                                    dette

Territoire                                                    passeport                                                             déportation

Alliance                                                      mariage                                                                     divorce

Impérialisme                                       World trade Center                                                 avion de ligne

Or                                                               monnaie                                                            taux d'intérêt

Métro                                                           boulot                                                                           dodo

Canada                                                    constitution                                                           séparatisme

Coups                                                          insultes                                                                      silence


lundi 2 mars 2015

Midge Ure - entrevue - Montréal - 2015.

Tout s'est vraiment réalisé à la dernière minute. Les planètes se sont alignées durant un temps très court et l'opportunité était à ne pas manquer. Midge Ure (Ultravox) a donné un très beau concert le 1er mars à la Sala Rossa de Montréal. Et il a spontanément accepté ma demande d'entretien. Une idée qui m'était venue le jour même.

De mémoire vive et électronique, c'est la première fois qu'il se produisait à Montréal. Son dernier passage au Québec - à Québec - remontait à 1989. Autant dire un temps cosmique pour ceux qui aiment sa musique et sa voix. J'en fais partie.

C'est sur le site web de Midge Ure que j'ai appris son passage dans la métropole. Il me restait deux semaines pour acheter mon billet. 27 $ pour un plaisir qui a duré 14 jours - fébrile attente - et une heure trente de concert. Le meilleur pour la fin, il va sans dire. La Sala Rossa n'étant pas très grande, premier arrivé, premier servi.

Et le public - des fans absolus - a été servi!

Extravox!

Seul avec sa guitare acoustique amplifiée, Midge Ure a donné une seconde vie à des titres qui ne se prêtaient pas facilement à un tel minimalisme; les chansons de Brilliant (2012) d'Ultravox sont dans la droite ligne de ceux de la période 1980-1986 : orchestraux, chargés. Les titres des albums solo également, excepté le dernier, Fragile (2014). Tour de force réussi. Car Midge Ure, c'est d'abord une voix. Une voix haute, puissante. Et là, sans batterie, sans basse, sans synthétiseurs, elle a occupé tout l'espace. Un espace constellé de mélodies sans âge. Une nébuleuse de succès pour une voix fidèle à son histoire.

Ma crainte d'être déçu par la version acoustique s'est envolée sitôt qu'il a déroulé deux accords. Dès son arrivée sur scène - visage familier - il a empoigné sa guitare et s'est lancé dans un exercice d'équilibriste. il n'est pas tombé, il s'est élevée. Paroles claires, épurées. Mélodies immanquable, sûres. Le public a été suspendu...

Battements du coeur

J'avais apporté avec moi un carnet dans lequel j'avais griffonné quelques questions. Et une caméra numérique. Car je m'étais réveillé avec l'idée de lui solliciter un entretien. Pourquoi? Parce que personne n'a annoncé son concert, hormis la Sala Rossa sur son site et ses petits moyens. Parce que je savais que ce serait un concert intime. Parce que je m'étais dit : et pourquoi pas?

Pourquoi pas lui parler? Il me semblait d'une simplicité sincère et ce n'est pas une star malgré l'énorme succès passé devant lui. Alors l'idée prit de plus en plus de place dans mon esprit, et durant le spectacle, je ne cessais de me convaincre : je vais lui parler, je ne sais pas comment m'y prendre (la caméra c'est pas l'idéal... Qui va la tenir?!). Mon coeur battait les mesures de la musique et de mon stress qui s'amplifia jusqu'à la dernière toune. Et puis, le rideau redescendu, le chanteur rejoignit ses fans dans la salle.

Mr. Ure

Calme, posé, souriant. Tel un chum de longue date. Midge Ure est là. J'attend que les selfies et les autographes passent. (Mon tour ne doit pas rendre les autres impatients car je vais lui prendre un peu plus de temps). Je m'attend à un refus. À bafouiller. A perdre mon Anglais. À pédaler dans le vide comme un astronaute qui a oublié l'apesanteur qui règne sur la planète Ure. Me voilà devant lui. Poignée chaleureuse.
- "Would you accept a short interview? I'm a bloger, and... "
- "Oh yes, no problem!"

Thats'it comme on dit en bon québécois! Voici donc pour vous l'unique entrevue de Midge Ure à Montréal. (Oui, je flotte encore malgré la prise de vue un peu floue).




mardi 24 février 2015

Là où tourne la chance

    Dimanche après-midi, rue Notre-Dame, à Montréal. Nous roulons en direction de la bibliothèque de Pointe-Aux-Trembles pour lire et s'amuser, trouver des livres pour toute la famille. La séance de patin à glace libre à l'aréna d'où nous venons est annulée parce que l'équipe junior de Pointe-aux-Trembles joue un match à domicile. Un peu déçus en croisant les joueurs franchir la porte d'entrée, nous nous demandions comment passer notre après-midi. J'avais proposé que nous regardions la compétition, mais personne n'avait semblé partager mon enthousiasme. Les patinoires extérieures sont nombreuses dans le quartier, il aurait été facile de patiner; les glaces nous tendaient les bras, mais le froid et la neige les refermaient aveuglément. La neige virevoltait depuis le matin, s'accumulant au gré de vents rudes, et nous trouvions dommage de retourner à la maison : nous aurions aimé courir dans cette abondance de blancheur et d'aventure, agrandir notre fort érigé depuis deux mois dans le jardin, glisser sur les pentes. Mais le froid était à demeure et n'entendait raviver nos ardeurs qu'au prix d'une vaillance excessive pour les enfants.
Le choix
Le choix de la bibliothèque est alors devenu évident, sauf pour les enfants qui, contrairement à leur habitude ne veulent pas y aller. Refus bruyant, bottes énergiques dans le derrière du refus. L'autorité parentale ne se laisse toutefois pas démonter. Convaincus qu'ils s'y amuseront une fois sur place, nous nous engageons vers la bibliothèque et son étage complet dédié aux plus jeunes. Livres, jeux, nouveaux amis, les arguments sont faciles et connus. Mais les cris ne cessent pas.
Donc, me voilà roulant très lentement sur la rue notre-Dame car la visibilité est perturbée, mais également car je suis précédé sur la route par quatre énormes déneigeuses du genre ci-dessous.

Positionnées en diagonales deux par deux, elles avancent tranquillement, au même rythme, en poussant sur leur côté droit des kilos de neige fraîche, vaporeuse, lourde. C'est un spectacle toujours étonnant malgré l'habitude. Coupant court au brouhaha ambiant, je m'exclame « regardez!. Là, juste devant, regardez les déneigeuses!»
Par magie, les pleurs et les discussions cessent instantanément. Je pointe du doigt l'objet de mon émerveillement en espérant que les enfants profitent du spectacle et que nous puissions tous retrouver notre bonne humeur habituelle. Quel ravissement de voir leur surprise et leur réaction! 
Je le sais de nouveau à ce moment là : c'est parce que j'ai été un enfant que j'ai eu envie de fonder une famille.
Notre voiture devient un observatoire de la faune mécanique qui s'ébat devant nous. Le troupeau d'éléphants d'acier délimite le territoire, repousse les éléments et la glace avec une rare force tranquille. Nous semblons si petits, si vulnérables en passant à leur hauteur que j'en oublie presque que nous sommes sur la route. Le marquage au sol est quasiment invisible, sinon suggéré par les traces des énormes roues des machines jaunes de la voirie.
#!&?**
Parvenus à un carrefour, nous les admirons tourner à droite tandis que nous bifurquons vers la gauche. Ils s'éloignent dans les brumes lorsque j'entame mon virage en redressant la tête devant moi. Avant même que j'aie pu terminer ma manoeuvre, une voiture de police arrive droit sur nous. Diable! Une seconde, je cherche à comprendre - la lumière est verte pour nous, donc rouge pour eux (#!&?**). Une fraction de secondes et je sais que je ne peux presque plus rien changer. Brutalement je reprends la vigilance que j'avais abandonnée distraitement en voulant détourner l'attention des enfants, et serre les mains sur le volant. Il est trop tard pour s'arrêter, alors j'accélère. La voiture de police parvient à nous contourner par l'arrière sans déraper.
Un silence de plomb s'abat tandis que je termine mon virage. Je vois un accident évité de justesse défiler devant mes yeux, et mes espoirs d'après-midi agréable s'effondrer comme de la neige fondue au chalumeau. La voiture de police est repartie comme si de rien n'était, je poursuis ma route, lentement.
 Alors que les enfants me demandent ce qui se passe dans le rétroviseur, je scrute pour savoir si la police a bel et bien oublié son gyrophare et sa sirène. « Désolé tout le monde pour la secousse, je n'avais pas le choix ».
 Je retrouve mes esprits, conscient de m'être moi-même plongé dans la rêverie trop facilement. Les policiers ne m'avaient pas vu, et moi non plus je ne les avais pas vu. Sont-ils passés à l'orange? Avaient-ils signalés? Avaient-ils jugé qu'ils avaient la marge de manoeuvre suffisante pour nous éviter? Leur vitesse ne nous aurait pas été fatale, mais on aurait tout de même été secoué. Je me remémore la scène, pour y trouver des indices, mais à chaque fois, elle s'efface un peu plus, comme un disque acétate. Nous sommes tous impatients d'arriver à la bibliothèque.
 À ce moment de mon récit, vous vous dites probablement que j'ai eu de la chance. Or, ce n'est pas tout à fait vrai.
 L'imprudence
 Il s'est passé plusieurs choses depuis que je suis monté en voiture, et mon passage à la lumière n'est qu'un évènement parmi d'autres. Rétrospectivement, c'est celui qui frappe le plus l'imagination, c'est celui dont on se souvient le mieux pour plusieurs raisons évidentes, et à juste titre. Si je raconte ma journée comme je vous l'ai décrite, ceux qui m'écoutent me diront sûrement qu'en fin de compte, j'ai eu de la chance de ne pas avoir eu d'accident. Mais si je ne focalise pas sur le dernier incident évité, et si je revois la séquence de l'après-midi dans son intégralité, je réalise que je n'ai pas toujours eu de la chance.
Rappelez-vous : la séance de patinage a été annulée, nous ne savions pas que faire de notre temps, les enfants ne voulaient pas aller à la bibliothèque, les conditions de route étaient mauvaises, la route était obstruée par des engins de voirie, nous étions impatients, la police était présente.
La réalité est qu'il est rare de croiser la police sur cette route, surtout un dimanche. La réalité est qu'il est aussi rare de croise un troupeau de quatre déneigeuses, qu'il est rare que l'aréna soit fermée au public quand l'équipe n'utilise qu'une seule des deux glaces (celle de l'équipe). Non, décidément je n'ai pas eu que de la chance.
Me dire que j'ai eu de la chance de ne pas avoir eu d'accident est le principal argument pour me convaincre qu'il me suffira d'être plus vigilant sur la route pour éviter de revivre une telle situation. Si je m'en tiens à cette analyse, je risque tout de même de m'exposer de nouveau aux mêmes conditions. Raconter et revivre l'incident évité ne me dit pas qu'il faut consulter l'horaire de l'aréna à chaque fois avant d'y aller, qu'il vaut mieux discuter avec les enfants du plan B (comme dans bibliothèque) avant de prendre la route, ni que la roue du hasard n'est pas en congé le dimanche.
La loi de Murphy
Il se passe à peu près la même chose - à l'envers - quand on parle de la loi de Murphy : en voiture, on croit que toutes les lumières sont rouge et qu'il y a davantage de trafic quand on est en retard. On croit qu'on n'a décidément pas de chance ce matin là et que tout va de travers : notre café se renverse sur nos jambes, on oublie l'agenda, etc..., sans se rappeler que notre trajet est congestionné à cette heure là tous les matins. Sans se rappeler que les lumières ne sont pas réglées en fonction de nos retards, qu'on a pas eu besoin de passer à la pompe car on l'avait - par prudence - fait la veille, qu'on a évité plusieurs accident parce qu'on s'est davantage exposé au danger à cause de notre vitesse excessive. Et en oubliant que, finalement, on est arrivé avec seulement 5 minutes de retard.

Nous avons passé un après-midi riche en émotions. Le soleil brillait dans la bibliothèque jusque sur les pages de nos livres, ce qui nous forçait parfois à plisser les yeux pour mieux pouvoir lire. Pas question toutefois de changer de places, nous nous sentions trop bien dans nos fauteuils verts douillets. On lit toujours mieux quand on est confortablement assis, les sensations et l'émotion passent mieux, on dirait.

C'est notre instinct de survie et notre naturel sélectif qui nous font voir un seul côté des choses en oubliant le mauvais ou le bon côté selon le cas. Avoir été chanceux ou malchanceux nous fait souvent oublier que les conditions de la chance changent à chaque .instant en fonction de notre comportement. Et nous fait souvent croire que « ça n'arrive qu'à nous » ou pire encore, que « ça n'arrive qu'aux autres ».
La chance tourne...là où on veut bien regarder.

jeudi 12 février 2015

Slogans d'amour 2015

Pour les fanatiques : Slogans 2012 


Ah! Parler d'amour. Un sujet sans fin! Peu importe de quoi vous parlez, vous finissez tôt ou tard par parler d'amour. Amour de soi, de ses idées, de l'autre, de l'existence, de l'amour également.

Les sujets sans fin comme l'amour sont parfois redondants par nature, mais s'ils le sont, c'est parce qu'on ne s'en lasse pas. Ou alors très provisoirement, pour y revenir sans toujours s'en rendre compte.

J'ai donc choisi pour une quatrième année consécutive de parler encore d'amour, mais de manière ludique et surtout très brève : avec des slogans, ou des aphorismes selon les cas.

Mes slogans sont des éclats de discours, des miettes de réflexion, des extraits d'observations ou encore des brisures d'intentions : ils sont faits pour être complétés par la fantaisie et la réflexion du lecteur ou de celui qui les énonce à haute voix; ils sont écrits comme des répliques à insérer opportunément dans une conversation au coin de la table. 

Pensées pense-bête pour amoureux distraits, brèves de comptoir pour sentimentaux en verbe, mes slogans d'amour sont gratuits, comme des fruits non défendus à cueillir entre deux gorgées de miel au coin de l'amour.

La Saint-Valentin n'est pas la fête du chocolat ou des fleurs, c'est la fête des sens.


Bon désir à ceux qui y aspirent.


Les slogans d'amour de 2015



Musical : Êtes-vous un couple haute-fidélité ou basse fréquence?

Échecs : L'amour fou prend la reine.

Mots croisés : Vertical : votre épouse
                        Horizontal : votre maîtresse.

Politique : Le rapport amoureux sera débattu en chambre le 14 février.

Serial lover : Coeurs sans cibles s'abstenir.


Justice : En amour, tout le monde veut perdre son innocence.

Tatouage : Ici comme ailleurs, l'amour lutte contre l'oubli.


Festival : Ce soir, tapis rouge au pied du lit.

Loi de Murphy : Jamais deux sans toi.

Amourette : Avec amour, sinon j'arrête.

Hypocrite : Loin du coeur, loin des yeux.

Chasteté : L'amour des lamentations.

Sexto : En un mot, tu n'oses pas.

Kamikaze : Notre rencontre est une histoire d'amour à retardement.

Liberté d'expression : L'amour? Pas besoin de vous faire un dessin.

Mars : Y a-t-il de la vie amoureuse sur votre planète rouge?

Apartheid : Le coeur à gauche, le portefeuille à droite.

Théorie du complot : Vous doutez de l'amour? Passez à la pratique.

Populiste : On est fait pour s'aimer.

Shakespear 2.0 : - Roméo et Roméo
                             - Juliette et Juliette

Don d'organes : Coeur brisé cherche donneur compatible.

Charité : Savoir donner de l'amour. Savoir le prendre aussi.

Légo : Maman, Papa, est-ce qu'on peut réparer votre couple?


© Stéphane Aleixandre (2015)

mercredi 31 décembre 2014

Personnalités décroisées

Chers lecteurs,
Avant que l'année ne se termine, je vous dois des explications sur mes dernières publications, les mystérieuses Personnalités croisées.
Publiés séparément sous forme d'images, les 21 billets évoquant des personnalités publiques - dont j'ai par jeu combiné les noms - constituent des ballons d'essai, des idées sans contexte et pas (encore) exploitées, les voici : (Un ou deux noms ont une lettre manquante, leur combinaison rendait ces fautes inévitables).

No. 1  No. 2  No. 3  No. 4  No. 5  No. 6  No. 7  No. 8  9  10  11  12  13  14  15  16  17  18  19  20  21
Lus sans aucune forme d'explications, les billets de 6 mots maximum laissent libre cours à votre imagination, à votre réflexion... et à votre perplexité, j'en ai été témoin.
Cette perplexité est probablement stimulée par la curiosité, en tout cas, je l'espère. Je crois d'ailleurs que j'ai autant de plaisir à vous guider aujourd'hui que j'en ai eu à ne pas le faire au moment de publier ces Personnalités croisées.

L'idée m'est d'abord venue lorsque je me suis rappelé d'un T-shirt humoristique vu à Vancouver en 2002 : il représentait une photo retouchée du portrait d'Oussama ben Laden souriant, les yeux figurés par des avions de ligne. La jeune japonaise qui portait ce T-shirt rouge me semblait très audacieuse et le créateur du dessin bien davantage. Depuis lors, plus ou moins consciemment, j'ai scruté les images de politiciens ou de célébrités, toujours fabriquées avec soin (sur son affiche électorale de 2007, Barack Obama prend la pause de John Kennedy sur un de ses célèbres clichés). Par extension, je me suis aussi intéressé aux jeux de mots sur des politiciens ou des personnalités lus ou entendus dans les médias d'information (Trampoline Marois, comme exemple québécois original).

Nous savons tous que les personnalités publiques sont régulièrement malmenées par les médias et le public. Leur image est régulièrement écornée et leur nom fait souvent l'objet de sarcasmes lorsqu'il n'est pas scandé par des foules en liesse lors de concerts ou de messes politiques (!). L'identité même des personnalités est approprié par le public : certaines personnes clonent leur chanteuse ou actrice préférée (avec ou sans chirurgie), d'autres choisissent le prénom de leur enfant parmi ceux des célébrités, par exemple Oussama et Diana, dans les années 2000.

Progressivement, en plus d'observer comment les gens anonymes s'appropriaient le nom des gens célèbres, j'ai remarqué comment ces derniers exploitaient leur nom comme une marque de commerce. Tel Obama, dont le nom est exploité sans le prénom - ainsi coupé d'une partie de sa consonance étrangère. Tel Depardieu, cité sans le Gérard devenu encombrant (!) - le public assimilant ainsi la familiarité avec laquelle l'acteur-entrepreneur s'exprime lui-même. Telle Lady Di, au prénom tronqué - et si proche du coeur, comme une note de musique suscitant l'émotions instantanée.

J'ai enfin remarqué que des noms et des prénoms pouvaient être confondus. Quand, par exemple, je choisis le nom Perry dans ma liste de lecture, vais-je entendre un succès de feu Perry Como ou un autre de Katy Perry? (Ceux qui me connaissent savent que le second choix est exclu).


Bref, tout cela s'est mélangé dans mon cerveau, et un jour j'ai fait rire quelqu'un avec un jeu de mots formé de deux prénoms et noms combinés. Je me suis alors lancé à la recherche de personnalités croisées.


Les personnalité croisées que j'ai créée répondent à un ou deux critères plutôt simples :

- L'un des noms doit être très connu;
- L'un des noms doit être actuel;
- Les personnalités doivent appartenir à des sphères distinctes;
- La fusion des noms doit être incongrue, susciter le rire au second degré ou la réflexion;
- La personnalité publique doit faire rire au moins une personne à part moi.

Il n'a pas été facile de publier ces Personnalités croisées, de crainte de passer pour un imbécile; mais après tout, si Andy Warhol ou Coluche les avaient imaginées, nous y aurions sûrement prêté attention.


Bonne lecture, et très bonne année à tous.


© Stéphane Aleixandre (2015)