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© Stéphane Aleixandre (2015)
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Fenêtre réversible sur un monde d'idées toujours en mouvement. Rédaction, idées, information, originalité, imagination, histoires, modernité.
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samedi 6 septembre 2014
mercredi 13 août 2014
Pont carré et autres formats
samedi 9 août 2014
Cigarette électronique - le test.
Je remarque de plus en plus autour de moi des gens utiliser la cigarette électronique. Je reviens tout juste d'un séjour à Wells dans le Maine, et sur les abords des plages, plusieurs personnes y utilisent cette nouvelle cigarette sans combustion. Plusieurs de mes amis ont dores et déjà troqué le filtre de papier pour celui d'aluminium. Des collègues de travail font également la transition, en douceur. Mon oeil et ma réflexion sont attirés vers ce nouveau produit car j'en ai fait l'expérience, sans préméditation.
C'était le 14 février dernier, en pleine froidure, dans un chalet de Magog. Comme chaque année, invitée par nos amis Karine et Louis-Frédéric, notre petite famille rejoint la leur pour une fin de semaine de ski, de Fête des neiges, et de soirées festives autour d'un foyer - un vrai celui-là.
Une fois les enfants couchés, nous nous sommes retrouvés autour d'une bonne bière et d'un bon repas. Puis nous nous sommes installés confortablement dans le salon, quand mon ami a dégainé d'un claquement de doigts sa cigarette d'un nouveau genre. J'en ai entendu parler, mais c'est la première fois que j'en vois une. Le cylindre est présentable - noir et argent, mais bien plus volumineux qu'une cigarette quelconque. Et ô surprise, il ne chauffe ni les doigts ni la gorge.
Curriculum fumae
Avant d'avancer plus loin dans ma présentation de l'expérience, il est utile d'en écrire davantage sur mon rapport à la cigarette. J'étais encore, début 2014, un fumeur occasionnel. Très occasionnel. Mon envie de cigarette commençait quand j'avais consommé une certaine quantité d'alcool, et quand les circonstances étaient propices. Disons plus directement qu'après cinq ou six bières, si la soirée entre amis agréable en donnait l'envie, j'allais rejoindre les autres sur la terrasse inhaler du goudron.
Je pouvais donc passer six mois sans fumer, puis fumer deux cigarettes en 30 minutes dans une soirée. Impossible pour moi de fumer régulièrement.
L'e-xpérience.
Donc l'expérience : Louis-Frédéric, devant ma surprise, me tend sa e-cigarette, dont je tire une bouffée…comme sur une cigarette de papier. Mauvaise idée! Je me mets à tousser pendant une bonne minute. Il me fait remarque qu'il ne faut pas aspirer aussi fort, et qu'elle a un niveau de nicotine peut-être élevé pour moi. Il m'en propose donc une autre, plus petite et plus douce. Elle a exactement le format d'une clope traditionnelle, mais en noire (le tube) et bleu (la lumière au bout).
Je fume sans fumer ni fumée. Je rejette une très légère évaporation qui se dissous très vite dans l'air.
Première surprise : le rythme
Je porte à ma bouche la cigarette électronique à un rythme très différent; la contrainte des 8 centimètres de la cigarette papier a disparu. Durant la soirée, je vais vapoter deux bouffées, puis deux autres cinq minutes plus tard, puis cesser pendant une heure. Je répèterai la routine deux ou trois fois, de manière irrégulière. Les gens que j'observe vapoter ont tous un rythme de consommation tout à fait différent que pour la cigarette papier. Je pense qu'on s'habitue très vite au produit, séduit par :
- l'effet similaire entre fumer et vapoter;
- l'absence de contraintes telles : allumer la cigarette, la fumer en entier, l'écraser ensuite, manipuler le paquet, vider le cendrier, etc…);
- la disparition de plusieurs inconvénients : la fumée et l'odeur persistantes, le jaunissement des doigts, la cendre à tasser, la limite temporelle du paquet de 20 cigarettes papier.
Je passe donc la soirée à inhaler nonchalament de la vapeur d'eau nicotinée en déposant simplement ma cigarette sur le fauteuil ensuite.
Deuxième surprise : le produit offre une grande liberté d'usage
Outre la liberté du geste, cette liberté d'usage, c'est aussi celle des autres : durant la soirée, je n'ai importuné personne, ni mes amis autour de moi, ni les enfants qui dorment à l'étage. En effet, hors de la combustion par le feu, pas de fumée volumineuse et agressive pour la gorge, les yeux ou le nez. Pas non plus de risques de brûlures ou de dégradation (cendres, mégots, paquets vides).
- Troisième surprise : la cigarette électronique est sécuritaire.
Bon, je ne suis pas un apôtre de la sécurité à tout prix, mais force est de constater qu'avec la cigarette électronique vous ne risquez pas de perdre votre maison dans les flammes. Toutes les casernes de pompier vous le confirmeront, les incendies causés par les cigarettes sont très nombreux, aussi bien en ville qu'en forêt. (La petite lumière à l'extrémité de la e-gig vous indique que vous êtes en train d'inspirer. Nulle autre nécessité ici, sinon que de rappeler le bout incandescent caractéristique de la cigarette papier. La lumière est bleue sur la mienne, probablement par souci marketing.)
La forêt, la nature. C'est là que pousse le tabac, c'est là que les cendres repartent : celles de la cigarette… et les nôtres.
(À suivre)
C'était le 14 février dernier, en pleine froidure, dans un chalet de Magog. Comme chaque année, invitée par nos amis Karine et Louis-Frédéric, notre petite famille rejoint la leur pour une fin de semaine de ski, de Fête des neiges, et de soirées festives autour d'un foyer - un vrai celui-là.
Une fois les enfants couchés, nous nous sommes retrouvés autour d'une bonne bière et d'un bon repas. Puis nous nous sommes installés confortablement dans le salon, quand mon ami a dégainé d'un claquement de doigts sa cigarette d'un nouveau genre. J'en ai entendu parler, mais c'est la première fois que j'en vois une. Le cylindre est présentable - noir et argent, mais bien plus volumineux qu'une cigarette quelconque. Et ô surprise, il ne chauffe ni les doigts ni la gorge.
Curriculum fumae
Avant d'avancer plus loin dans ma présentation de l'expérience, il est utile d'en écrire davantage sur mon rapport à la cigarette. J'étais encore, début 2014, un fumeur occasionnel. Très occasionnel. Mon envie de cigarette commençait quand j'avais consommé une certaine quantité d'alcool, et quand les circonstances étaient propices. Disons plus directement qu'après cinq ou six bières, si la soirée entre amis agréable en donnait l'envie, j'allais rejoindre les autres sur la terrasse inhaler du goudron.
Je pouvais donc passer six mois sans fumer, puis fumer deux cigarettes en 30 minutes dans une soirée. Impossible pour moi de fumer régulièrement.
L'e-xpérience.
Donc l'expérience : Louis-Frédéric, devant ma surprise, me tend sa e-cigarette, dont je tire une bouffée…comme sur une cigarette de papier. Mauvaise idée! Je me mets à tousser pendant une bonne minute. Il me fait remarque qu'il ne faut pas aspirer aussi fort, et qu'elle a un niveau de nicotine peut-être élevé pour moi. Il m'en propose donc une autre, plus petite et plus douce. Elle a exactement le format d'une clope traditionnelle, mais en noire (le tube) et bleu (la lumière au bout).
Je fume sans fumer ni fumée. Je rejette une très légère évaporation qui se dissous très vite dans l'air.
Première surprise : le rythme
Je porte à ma bouche la cigarette électronique à un rythme très différent; la contrainte des 8 centimètres de la cigarette papier a disparu. Durant la soirée, je vais vapoter deux bouffées, puis deux autres cinq minutes plus tard, puis cesser pendant une heure. Je répèterai la routine deux ou trois fois, de manière irrégulière. Les gens que j'observe vapoter ont tous un rythme de consommation tout à fait différent que pour la cigarette papier. Je pense qu'on s'habitue très vite au produit, séduit par :
- l'effet similaire entre fumer et vapoter;
- l'absence de contraintes telles : allumer la cigarette, la fumer en entier, l'écraser ensuite, manipuler le paquet, vider le cendrier, etc…);
- la disparition de plusieurs inconvénients : la fumée et l'odeur persistantes, le jaunissement des doigts, la cendre à tasser, la limite temporelle du paquet de 20 cigarettes papier.
Je passe donc la soirée à inhaler nonchalament de la vapeur d'eau nicotinée en déposant simplement ma cigarette sur le fauteuil ensuite.
Deuxième surprise : le produit offre une grande liberté d'usage
Outre la liberté du geste, cette liberté d'usage, c'est aussi celle des autres : durant la soirée, je n'ai importuné personne, ni mes amis autour de moi, ni les enfants qui dorment à l'étage. En effet, hors de la combustion par le feu, pas de fumée volumineuse et agressive pour la gorge, les yeux ou le nez. Pas non plus de risques de brûlures ou de dégradation (cendres, mégots, paquets vides).
- Troisième surprise : la cigarette électronique est sécuritaire.
Bon, je ne suis pas un apôtre de la sécurité à tout prix, mais force est de constater qu'avec la cigarette électronique vous ne risquez pas de perdre votre maison dans les flammes. Toutes les casernes de pompier vous le confirmeront, les incendies causés par les cigarettes sont très nombreux, aussi bien en ville qu'en forêt. (La petite lumière à l'extrémité de la e-gig vous indique que vous êtes en train d'inspirer. Nulle autre nécessité ici, sinon que de rappeler le bout incandescent caractéristique de la cigarette papier. La lumière est bleue sur la mienne, probablement par souci marketing.)
La forêt, la nature. C'est là que pousse le tabac, c'est là que les cendres repartent : celles de la cigarette… et les nôtres.
(À suivre)
© Stéphane Aleixandre (2015)
vendredi 11 juillet 2014
Rétro-progrès
Être parent offre l'opportunité de redécouvrir les livres pour enfants et de réapprendre un peu. Lire un livre adressé aux enfants, c'est relire ces histoires qui nous ont accompagnées alors que nous étions prêts à conquérir le monde. C'est aussi se remémorer toutes ces petites choses que nous oublions si facilement.
L'occasion de revenir sur le passé - le mien - en bâtissant l'avenir - celui de mes enfants - m'a éveillé au fait que le progrès puise parfois dans son histoire pour avancer. Que le progrès n'est pas tant synonyme de nouveauté que de changement.
En lisant l'ouvrage "L'imagerie des inventions", j'ai ainsi découvert que les Chinois, avant le Moyen-âge, avaient inventé une brouette à voile. Objet inusité s'il en est un! À l'époque, la brouette avait été améliorée en utilisant une technique déjà existante - les bateaux à voile datent de l'antiquité.
J'y ai également découvert que les rails ont existé bien avant les trains, dont ils ont stimulé l'apparition. Longtemps utilisés pour aider les chevaux à tirer des chariots plus lourds, ils ont fini par être exploités différemment. L'adulte en moi se demande alors pourquoi il a toujours pensé que les rails avaient été créés pour faire avancer les trains. Sans doute parce que j'ai oublié ce que mes premiers livres et mes premiers professeurs m'avaient appris.
Et peu après l'invention du train à vapeur, qu'invente t'on? Le train monorail. Oui, celui que nous retrouverons dans les magazines futuristes des années 50 (soit 40 ans plus tard) et faisant encore rêver les urbanistes qui planchent sur les villes de demain.
Et peu après l'invention de l'automobile, qu'invente t'on? La voiture électrique. En 1899, la voiture électrique appelée La jamais contente (!) est la première à dépasser la vitesse de 100 km/h. C'est en page 17 du livre. En page 18, la Ford T apparaît, magnifique et révolutionnaire : ce véhicule à essence vendue à partir de 1908 peut atteindre la vitesse maximale de... 70 km/h. La voiture électrique que nous voyons encore au XXIe siècle comme un progrès est loin d'être une nouveauté.
Ce que j'ai moins oublié, c'est que Léonard de Vinci avait imaginé le vélo, le char d'assaut et l'avion bien avant leur apparition : en page 20 et suivantes la bicyclette, la machine des frères Wright et le tank de combat sont beaucoup le fruit du changement - utiliser une idée ou une technique déjà existante en la modifiant- et peu de la nouveauté.
Mais le re-découvrir aujourd'hui, alors que je fais la lecture à la prochaine génération, me révèle que ce que ma mémoire adulte occulte en imaginant l'avenir, ce sont les livres de mon passé qui me le rappellent.
Alors quand un visionnaire imagine l'avenir, ne vous demandez plus oû il puise son inspiration.
L'occasion de revenir sur le passé - le mien - en bâtissant l'avenir - celui de mes enfants - m'a éveillé au fait que le progrès puise parfois dans son histoire pour avancer. Que le progrès n'est pas tant synonyme de nouveauté que de changement.
En lisant l'ouvrage "L'imagerie des inventions", j'ai ainsi découvert que les Chinois, avant le Moyen-âge, avaient inventé une brouette à voile. Objet inusité s'il en est un! À l'époque, la brouette avait été améliorée en utilisant une technique déjà existante - les bateaux à voile datent de l'antiquité.
J'y ai également découvert que les rails ont existé bien avant les trains, dont ils ont stimulé l'apparition. Longtemps utilisés pour aider les chevaux à tirer des chariots plus lourds, ils ont fini par être exploités différemment. L'adulte en moi se demande alors pourquoi il a toujours pensé que les rails avaient été créés pour faire avancer les trains. Sans doute parce que j'ai oublié ce que mes premiers livres et mes premiers professeurs m'avaient appris.
Et peu après l'invention du train à vapeur, qu'invente t'on? Le train monorail. Oui, celui que nous retrouverons dans les magazines futuristes des années 50 (soit 40 ans plus tard) et faisant encore rêver les urbanistes qui planchent sur les villes de demain.
Et peu après l'invention de l'automobile, qu'invente t'on? La voiture électrique. En 1899, la voiture électrique appelée La jamais contente (!) est la première à dépasser la vitesse de 100 km/h. C'est en page 17 du livre. En page 18, la Ford T apparaît, magnifique et révolutionnaire : ce véhicule à essence vendue à partir de 1908 peut atteindre la vitesse maximale de... 70 km/h. La voiture électrique que nous voyons encore au XXIe siècle comme un progrès est loin d'être une nouveauté.
Ce que j'ai moins oublié, c'est que Léonard de Vinci avait imaginé le vélo, le char d'assaut et l'avion bien avant leur apparition : en page 20 et suivantes la bicyclette, la machine des frères Wright et le tank de combat sont beaucoup le fruit du changement - utiliser une idée ou une technique déjà existante en la modifiant- et peu de la nouveauté.
Mais le re-découvrir aujourd'hui, alors que je fais la lecture à la prochaine génération, me révèle que ce que ma mémoire adulte occulte en imaginant l'avenir, ce sont les livres de mon passé qui me le rappellent.
Alors quand un visionnaire imagine l'avenir, ne vous demandez plus oû il puise son inspiration.
© Stéphane Aleixandre (2015)
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