J'ai été témoin d'une rencontre inusitée mardi dernier. Lisez-donc ça:
Deux personnes se sont retrouvées après 35 ans sans se voir. J'attendais tranquillement à la station de métro Honoré-Beaugrand mardi soir, lorsque j'entends malgré moi mes deux voisins jaser entre eux. Ils se font aborder par deux autres individus qui leur demandent une cigarette. Ils s'en font offrir chacun une, et se mettent tous les quatre à jaser hockey.
En effet ce soir là le Canadien de Montréal venait de gagner un match ce qui est plutôt rare ces temps-ci.
Je comprends que les deux premiers sont allés voir le match, pendant que les deux autres on bu de la bière en regardant la rencontre dans une taverne.
Au fil de leur discussion, l'un d'entre eux appelle son ami Prométhée, ce qui ne manque pas de me surprendre. Et de surprendre l'un des deux buveurs de bière.
Et de question en question il réalise, effaré, qu'il a devant lui nul autre qu'un de ses cousins.
Ils font le calcul: ils ne se sont pas vu depuis 35 ans. Ce qui m'étonne le plus c'est que ces gars là ont 45 ans tout au plus. Avoir une si longue histoire à cet âge...
Dans le fond, il est vrai qu'entre le garçon de 10 ans qu'on a été et l'homme de 45 ans qu'on devient, on a pas mal changé de tête.
Mais il y a des prénoms qu'on n'oublie pas...
Fenêtre réversible sur un monde d'idées toujours en mouvement. Rédaction, idées, information, originalité, imagination, histoires, modernité.
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vendredi 10 février 2012
mercredi 8 février 2012
Le prêt à penser
De nombreux articles sur internet ou dans la presse sur papier présentent des techniques pour acquérir de l'imagination ou pour améliorer sa créativité. Un grand nombre de vidéos sur des sites comme Youtube proposent également des méthodes à appliquer pour avoir des idées brillantes.
Le principal intérêt de ces présentations est d'éveiller le lecteur ou le spectateur à l'intérêt qu'il peut avoir à chercher des idées. C'est d'ailleurs cet élément qui provoque sa curiosité de départ. Car l'individu n'aime rien tant qu'avoir des idées, que rêvasser en laissant vagabonder son imagination. Il n'aime rien tant également que les techniques prêtes à penser.
Or ces articles ou présentations ont un défaut majeur, lequel réside dans leur conception même. En effet, aussi attirantes soient elles, ces techniques reposent sur une argumentation rationnelle en proposant des comportements logiques. Elles expliquent, elles décodent, elles argumentent. La méthode proposée consiste toujours à mettre en place des conditions favorisant l'éveil de l'idée, des techniques applicables rapidement et avec logique.
Tout ceci est en parfaite opposition avec le monde des idées, avec leur émergence. Car rien n'est plus illogique, irrationnel et fantasque qu'une idée. Rien n'est plus éloigné du comportement logique que l'acte de rêverie.
S'appuyer sur une méthode pour trouver des idées est un non sens. On ne sollicite pas l'esprit rationnel pour éveiller l'esprit créatif.
Par contre, il est possible et souhaitable, une fois que vous avez trouvé des idées, de s'aider de techniques logiques pour effectuer un tri parmi vos idées, pour ne retenir que celles qui sont applicables (hélas, oui, certaines idées devront attendre quelques décennies avant de pouvoir franchir le seuil de votre imagination), pour les appliquer à un objet et leur donner de la cohérence.
Rappelez-vous comment s'est fait votre apprentissage de la vie, lorsque, enfant, vous commenciez d'abord par rêver avant que l'on vous apprenne à contrôler et à diriger vos émotions et vos idées.
Personne n'a besoin de vous expliquer "comment avoir des idées". Les idées naissent, tout naturellement, depuis que vous avez ouvert les yeux.
Le principal intérêt de ces présentations est d'éveiller le lecteur ou le spectateur à l'intérêt qu'il peut avoir à chercher des idées. C'est d'ailleurs cet élément qui provoque sa curiosité de départ. Car l'individu n'aime rien tant qu'avoir des idées, que rêvasser en laissant vagabonder son imagination. Il n'aime rien tant également que les techniques prêtes à penser.
Or ces articles ou présentations ont un défaut majeur, lequel réside dans leur conception même. En effet, aussi attirantes soient elles, ces techniques reposent sur une argumentation rationnelle en proposant des comportements logiques. Elles expliquent, elles décodent, elles argumentent. La méthode proposée consiste toujours à mettre en place des conditions favorisant l'éveil de l'idée, des techniques applicables rapidement et avec logique.
Tout ceci est en parfaite opposition avec le monde des idées, avec leur émergence. Car rien n'est plus illogique, irrationnel et fantasque qu'une idée. Rien n'est plus éloigné du comportement logique que l'acte de rêverie.
S'appuyer sur une méthode pour trouver des idées est un non sens. On ne sollicite pas l'esprit rationnel pour éveiller l'esprit créatif.
Par contre, il est possible et souhaitable, une fois que vous avez trouvé des idées, de s'aider de techniques logiques pour effectuer un tri parmi vos idées, pour ne retenir que celles qui sont applicables (hélas, oui, certaines idées devront attendre quelques décennies avant de pouvoir franchir le seuil de votre imagination), pour les appliquer à un objet et leur donner de la cohérence.
Rappelez-vous comment s'est fait votre apprentissage de la vie, lorsque, enfant, vous commenciez d'abord par rêver avant que l'on vous apprenne à contrôler et à diriger vos émotions et vos idées.
Personne n'a besoin de vous expliquer "comment avoir des idées". Les idées naissent, tout naturellement, depuis que vous avez ouvert les yeux.
lundi 23 janvier 2012
...Suspension...
Voici un rêve qui
m'est apparu la nuit dernière. Je vous le décris très simplement, conscient (!)
qu'il est impossible de rendre compte des sensations vécues sans alourdir mon
propos.
Les faits sont les
suivants:
Je m'endors.
La scène d'un théâtre
toute blanche et très éclairée se révèle. Tout le lieu est plongé dans une
clarté nue, bien qu'il soit confiné et rempli de monde. Le magicien Harry Houdini
apparait, vêtu d'un costume trois pièces blanc. Sans un mot, il présente au
public une grande cuve de verre scellée par des courroies de fer forgé. De
trois fois la taille d'un homme, elle est remplie d'eau. La masse de verre
catalyse l'attention et l'espace comme un aimant.
Houdini traverse la
scène à grandes enjambées, et revient côté cour avec Sigmund Freud à son bras.
Il emprisonne avec des chaînes excessivement grosses et lourdes le
psychanalyste consentant, avale la clé d'un cadenas gros comme une tête de chat
et ordonne la lévitation du volontaire pour le plonger dans la cuve. Tandis que
Houdini guide l'opération, les doigts tendus vers un mécanisme de traction immatériel, Freud
demeure droit et impassible.
Dans l'eau, immobile
et sans respiration, Freud fixe intensément une ombre allongée au premier rang
de la foule des anonymes pour l'hypnotiser.
Plus rien ne bouge.
L'ombre sans relief attend son sort, Freud l'atteignant sans sourciller.
Dans la cuisine, l'horloge
a maintenant une quatrième aiguille. Celle-ci ne bouge qu'une seule fois au
cours de notre vie.
je me rêveille.
dimanche 22 janvier 2012
En vrac.
Bonjour,
Mon travail et ma formation absorbent mes journées autant que mes soirées comme jamais. je prépare des articles que vous lirez bientôt. On y parlera musique électronique et inertie, je ne sais pas encore dans quel ordre. Mais les deux se mélangent difficilement.
Je tape encore sur mon premier ordinateur qui a onze ans, et je n'ai fait qu'y ajouter de la mémoire, vous devinez donc ma frénésie consommatrice. Je suis satisfait. Imaginez le nombre d'ordinateurs qu'un occidental moyen achètera au cours de sa vie, et demandez-vous si l'ordinateur est vendu pour nous simplifier la vie. Demandez-vous à quoi le terme dématérialisation fait référence. Demandez-vous ce que l'informatique vous demande de faire pour demeurer à jour. À jour de quoi au fait?
Mon travail et ma formation absorbent mes journées autant que mes soirées comme jamais. je prépare des articles que vous lirez bientôt. On y parlera musique électronique et inertie, je ne sais pas encore dans quel ordre. Mais les deux se mélangent difficilement.
Je tape encore sur mon premier ordinateur qui a onze ans, et je n'ai fait qu'y ajouter de la mémoire, vous devinez donc ma frénésie consommatrice. Je suis satisfait. Imaginez le nombre d'ordinateurs qu'un occidental moyen achètera au cours de sa vie, et demandez-vous si l'ordinateur est vendu pour nous simplifier la vie. Demandez-vous à quoi le terme dématérialisation fait référence. Demandez-vous ce que l'informatique vous demande de faire pour demeurer à jour. À jour de quoi au fait?
vendredi 6 janvier 2012
Malajube
Crédit photo: Joseph Yarmush
« La musique de Malajube est un hologramme de musique pop : des mélodies éclatantes, projetées dans des dimensions fascinantes. Envoûtant »
Trop
précis, trop éclaté et décalé pour n’être que de la pop ludique, Malajube joue dans sa bulle et laisse planer un doute. D’oû
vient cette aisance dans les mélodies? D’oû part cette force, cette unité de
ton et de jeu? Oû va-t-elle, cette apparente insouciance, une fois sortie de la
Caverne et du Labyrinthe?
Que
leur bulle éclate avec le succès auquel ils sont promis ne changera rien à
l’affaire : Malajube cherche et vient nous chercher.
En
2004, les quatre gars de Sorel-Tracy forment leur groupe comme une famille,
puis se lancent tête première dans la création. L’intérêt que Malajube suscite
auprès du public et des médias est très rapide. Les premières critiques sont
élogieuses, les suivantes confirment cette impression durable que le groupe suscite
autour de lui. Aujourd’hui Malajube dispose de quatre albums qu'il faut voir –
et écouter - comme une sorte de polygone captivant l’imagination autour de
lui. La leur, la nôtre, grâce à des mélodies et des textes en trompe-l’œil, pour
sonder les liens amoureux, les distances qui nous séparent parfois des autres
et du monde autour de soi.
Tout en relief
Thomas Augustin, Francis Mineau, Mathieu
Cournoyer et Julien Mineau sont des musiciens confirmés. Sur leur premier
album, Le compte complet (2004), la qualité est patente et les choix
artistiques sont établis, ils seront développés sur Trompe-l’Oeil (2006), puis élargis sur Labyrinthes (2009) et La
Caverne (2011). Les chansons sont souvent faites d’un bloc : clavier,
batterie, basse guitare partent ensemble et arrivent ensemble, poussant les
mélodies sans relâche dans un crescendo continu, et dont la chanson
"333" est un bel exemple. Sonorités proches du Rock dit
« progressif », que la guitare et le chant éloignent aussitôt, les
tirant vers un Rock plus dur. Le synthétiseur et la basse reviennent alors, plus "Pop",
et à partir de là, les refrains transforment la chanson en un hymne futuriste
qui se déploie tel un hologramme sonore. "Le tout-puissant" est de
cet alliage.
Tout est dans l’un et l’un est dans le tout.
Le chant se fond parmi les instruments, se coule dans les veines du coda,
laisse flotter les paraboles, les métaphores comme autant de créatures
phonétiques réunies par le courant électrique qui les porte.
Les mots planent et les instruments se
suivent, se répondent, toujours.
Il
est question de lien et de distance. Si « La
Monogamie »« Luna », « La Valérie » ou « Étienne
d’aout » tracent des rapports avec l’autre, « Radiologie »,
« Ibuprofène », « Le crabe », « La maladie » ou
« Les dents » expriment la distanciation avec l’extérieur, avec les
objets comme avec les corps.
Jubilatoire
La
musique de Malajube parle au plaisir instantané qui ne demande qu’à éclater au
fond de nous. Les refrains semblent surfer sur d’autres refrains dans la même
chanson (les très belles « Ursuline » et "Porté disparu"),
les mélodies libérant les endorphines en cascade. On songe à de la musique sérieuse qui n’as pas besoin de
l’être. De la musique qui n’est pas faite pour nous libérer, mais pour nous
rappeler que nous sommes libres, ici et maintenant. Libres de démesure. Libres d’être
exalté sans être superficiel, d'être léger comme l'air et de ressentir le
vertige. Les ruptures de tons qui rythment judicieusement les chansons de
Malajube unissent ces contrastes et donnent de la force à leur
musique.
Les
textes de Julien Mineau s'accordent bien avec cette partition, en évoquant des
situations saisissantes qui plongent le sujet au coeur de turbulences. Le sens
laisse parfois la place à la musicalité des mots. Des mots à lire entre les lignes, et
dans la continuité de l'album. Les titres sont bien choisis: courts, vifs,
délirants, attirants.
Leur
musique plaît, bien au delà du Québec - terre fertile pour ce genre
d'expériences musicales - et le groupe tourne sans arrêt autour du monde (si
vite, si loin), récoltant éloges et prix. S'exporter dans sa langue natale, le
Français, donne d'ailleurs à Malajube l'occasion d'être un peu plus original
sur les scènes du Japon ou d'Autriche. Jouer hors de ses frontières va de soi
quand on cherche à atteindre l'autre autant que soi-même.
Ce
groupe a des choses à dire, et pariez que le spectre de son langage s'élargira
dans les années à venir. Malajube nous offre déjà une vibrante expression de sa
mélodie intérieure.
Leur site internet en sait beaucoup
plus.
lundi 2 janvier 2012
Mes réseau-lutions.
Dans le désordre:
- Être enfin sur les photos que je prends;
- Écrire, écrire, réécrire, décrire;
- Vous lire, vous voir, vous parler (réseau familial, amical);
- Réveiller les élus à coups d'idées neuves et pas neuves (réseau politique et social);
- M'hypnotiser (réseau interne);
- Patiner et potiner en même temps (sujets glissants...);
- Enrichir ma liste de réseau-lution;
- Revoir encore l'intégrale des épisodes de Cailloux (personnage pour enfants) (réseau familial);
- Lire Edgar Morin, Jose-Luis Borges (réseau neuronal);
- Me baigner en mai (réseau fluvial);
- Danser;
- Écouter et voir Arcade Fire et Malajube en spectacle;
- Réunir le rire et le sérieux (réseaux mixtes);
- Arbre... (réseau naturel.)
- Être enfin sur les photos que je prends;
- Écrire, écrire, réécrire, décrire;
- Vous lire, vous voir, vous parler (réseau familial, amical);
- Réveiller les élus à coups d'idées neuves et pas neuves (réseau politique et social);
- M'hypnotiser (réseau interne);
- Patiner et potiner en même temps (sujets glissants...);
- Enrichir ma liste de réseau-lution;
- Revoir encore l'intégrale des épisodes de Cailloux (personnage pour enfants) (réseau familial);
- Lire Edgar Morin, Jose-Luis Borges (réseau neuronal);
- Me baigner en mai (réseau fluvial);
- Danser;
- Écouter et voir Arcade Fire et Malajube en spectacle;
- Réunir le rire et le sérieux (réseaux mixtes);
- Arbre... (réseau naturel.)
Très bonne année à tous, et bonnes réseau-lutions.
À défaut de pouvoir connaître l’avenir, nous avons inventé
des dieux;
À défaut de pouvoir voler, nous avons créé l’avion;
À défaut de pouvoir être partout en même temps, nous avons
imaginé les télécommunications;
À défaut de pouvoir tout connaître, nous avons conçu
l’intelligence artificielle.
C’est pourtant les deux pieds sur terre, seuls et conscients
que nous nous pensons tout-puissants.
Bien qu’il soit vrai que sans imagination, rien de ce qui
est dit dans ce texte n’existerait.
Une bonne résolution est une résolution qui ne nous trompera
pas en cours d’année. C’est celle qui nous fera rêver, ensemble, sans nous
aveugler.
Même après le 12 décembre 2012…
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